Meilleur simulateur de portefeuille : le comparatif, dont le mien
Publié le 19 août 2026 · vérifié le 20 août 2026 · 7 min de lecture
Il n'y a pas un meilleur simulateur, il y a trois familles d'outils qui ne font pas le même travail. Un calculateur de rendement PEA applique un taux que VOUS choisissez : il ne simule rien, il multiplie. Un backtest rejoue de vraies données de marché. Pour explorer largement, prenez Backtest de Curvo — il est gratuit, plus fourni que le mien et meilleur sur presque tout. Wallet Simulator, que je développe, ne garde qu'un avantage : il traite l'éligibilité PEA comme un filtre de premier ordre, là où les outils européens l'ignorent.
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3 familles
d'outils — et elles ne répondent pas à la même question
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2 sur 4
des outils comparés ignorent l'éligibilité PEA
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18,6 %
de prélèvements sociaux sur un PEA depuis janvier 2026
« Meilleur simulateur de portefeuille » est une requête qui n’a pas de réponse unique, et ce n’est pas une esquive : les outils qui remontent sous ce nom ne font pas le même métier. Certains multiplient un taux que vous avez choisi vous-même. D’autres rejouent trente ans de marché réel. Les premiers ne sont pas mauvais — ils répondent juste à une autre question, et beaucoup de gens repartent avec un chiffre en croyant qu’il vient des marchés.
Je développe l’un de ces outils. Vous le saurez donc à chaque ligne, et je nomme les cas où un autre fait mieux que le mien.
Trois familles, trois questions
| Famille | Répond à | Ce qu’elle ne fait pas |
|---|---|---|
| Calculateur de rendement | « Si je fais 7 % par an pendant 20 ans, ça donne quoi ? » | Aucune donnée de marché. Le taux est votre hypothèse. |
| Backtest | « Qu’aurait donné CE portefeuille sur les vraies données ? » | Rarement la fiscalité française, jamais l’avenir. |
| Suivi de portefeuille | « Où j’en suis aujourd’hui ? » | Ne projette rien — c’est un tableau de bord, pas un simulateur. |
La confusion la plus coûteuse est entre les deux premières. Un calculateur qui affiche « 300 € par mois pendant 20 ans à 7 % = 156 000 € » n’a rien simulé : il a appliqué une formule d’intérêts composés à un taux que vous avez tapé. Changez 7 en 5 et le résultat tombe à 123 000 € : 33 000 € de moins, pour un chiffre tapé au clavier. Le résultat ne vaut que ce que vaut l’hypothèse d’entrée, et personne ne connaît le rendement des vingt prochaines années.
Les calculateurs de rendement PEA
Ils sont nombreux et gratuits, en français, et ils sont les seuls à traiter le point où les outils étrangers sont muets : la fiscalité. Un simulateur PEA sérieux sait qu’avant 5 ans le retrait est taxé à la flat tax, qu’après 5 ans il ne reste que les prélèvements sociaux, et il vous rend un gain net.
Encore faut-il qu’il soit à jour, et la plupart ne le sont pas. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 % : depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur une plus-value de valeurs mobilières sont à 18,6 % et la flat tax à 31,4 %. J’ai passé en revue quatre de ces calculateurs le 20 août 2026 : ils affichaient encore 17,2 % et 30 %. Sur 50 000 € de plus-value, l’écart est de 700 € — dans le mauvais sens.
Gardez donc deux limites en tête : la performance y est une hypothèse, pas un résultat, et le taux fiscal affiché mérite d’être vérifié. Utilisez-les pour l’ordre de grandeur, pas pour décider d’une allocation.
Les backtests
Backtest de Curvo — la référence européenne
C’est l’outil que je recommande en premier, et il fait plus de choses que le mien. Il est gratuit, sans inscription, tout est libellé en euros et il ne référence que des fonds disponibles en Europe — ce qui règle le problème n° 1 des outils américains, où la moitié des ETF proposés sont inachetables depuis un PEA ou même un CTO français.
Ce que j’ai relevé le 20 août 2026 : 1 286 fonds pour 481 indices, un historique qui remonte à 1970 sur les indices MSCI, la fenêtre de simulation au mois près, le cumul d’un versement unique et de versements mensuels, la comparaison de six portefeuilles côte à côte, le rendement corrigé de l’inflation, et treize cryptomonnaies ajoutées à son catalogue depuis mars 2025 — donc, oui, l’or et le bitcoin s’y mélangent aux ETF, exactement comme chez moi.
Sa limite pour un lecteur français : le PEA n’y existe pas. L’éligibilité PEA n’est pas un critère du catalogue, parce que l’outil s’adresse à toute l’Europe et que le PEA est une bizarrerie française. Vous devez donc savoir d’avance quels ETF sont éligibles, et faire le tri à la main.
Portfolio Visualizer — le plus puissant, et le plus américain
C’est l’outil le plus complet de la liste sur l’analyse statistique. Il est en anglais, pensé pour un investisseur américain, et son catalogue est dominé par des fonds que vous ne pouvez pas acheter depuis la France.
Il a aussi cessé d’être gratuit : au 20 août 2026, la version libre plafonne à 15 actifs, tronque l’historique, exclut le mois en cours et n’exporte rien. Les formules complètes sont à 30 et 55 $ par mois. À réserver à qui sait déjà ce qu’il cherche — et accepte de payer.
Wallet Simulator — celui que je développe
Je l’ai écrit parce qu’aucun des précédents ne partait de là où part un épargnant français : du PEA. C’est le seul argument que je peux tenir honnêtement, alors le voici seul.
L’éligibilité PEA y est un filtre de premier ordre, pas une note de bas de page : un badge sur chaque fonds, une case « PEA uniquement » sur le catalogue, et 190 des 200 ETF référencés sont éligibles. Chez Curvo, le PEA n’est pas un critère — vous devez savoir d’avance ce qui est éligible et faire le tri à la main. Le reste tient en trois lignes : c’est en français, chaque fonds a sa fiche (secteurs, zones, méthode de réplication, TER), et la simulation part sans compte.
Je dois une mise à jour au lecteur. Cette page a d’abord annoncé deux avantages qui n’en sont plus, et je préfère le dire que le laisser passer : le mélange ETF + crypto + matières premières, et le cumul d’un versement initial avec un versement mensuel. Curvo fait les deux. J’ai vérifié le 20 août 2026 et j’ai corrigé.
Là où il est franchement en retrait, aujourd’hui : 200 ETF contre 1 286 fonds, un historique qui commence en 1997 contre 1970, pas de fenêtre de simulation au choix (il rejoue les N dernières années, ce qui est exactement le travers que je dénonce plus bas), pas de rendement corrigé de l’inflation, et aucun calcul de fiscalité de sortie. Si votre question est « combien il me reste après impôt », un calculateur PEA français vous servira mieux — à condition de vérifier qu’il applique bien 18,6 %.
Alors, lequel ?
| Votre question | L’outil |
|---|---|
| Combien il me reste après impôt ? | Un calculateur PEA français |
| Quel portefeuille aurait donné quoi, sur données réelles ? | Backtest de Curvo |
| Je veux de l’analyse statistique poussée, en anglais et payante | Portfolio Visualizer |
| Quels ETF puis-je vraiment loger dans mon PEA ? | Wallet Simulator |
| Où en est mon portefeuille aujourd’hui ? | Un outil de suivi, pas un simulateur |
Ce qu’aucun simulateur ne vous dira
C’est la partie qui manque partout, y compris chez moi, et elle vaut plus que le comparatif ci-dessus.
Un backtest qui se termine sur une bonne année ment par omission. Déplacez la date de fin de dix-huit mois et le rendement annualisé peut perdre deux points. Le chiffre que l’outil vous affiche dépend autant de la fenêtre choisie que du portefeuille testé — c’est pour ça que je fais toujours varier la durée avant de retenir un résultat.
Le rendement moyen cache la traversée. « 8 % par an sur 20 ans » est une moyenne confortable que personne n’a vécue telle quelle : dans ces vingt ans, il y a 2008, où le S&P 500 a perdu près de 38 % sur l’année. La question qui décide vraiment n’est pas « combien ça rapporte », c’est est-ce que j’aurais tenu. Regardez systématiquement la pire perte traversée, pas la ligne d’arrivée. J’ai vendu au mauvais moment pour ne pas l’avoir fait, et ça m’a coûté plus cher que n’importe quel écart de frais.
Aucun de ces outils ne connaît l’avenir. Ils rejouent le passé, ce qui est déjà énorme comparé à un taux inventé — mais un backtest est un argument, pas une prévision.