À quoi ressemble un vrai DCA : mon calendrier réel, mois par mois
Publié le 2 août 2026 · 5 min de lecture
J'ai versé 4 mois sur 12, sur 9 supports et deux comptes ouverts la même semaine, avec 180 jours de silence au milieu. Mon désordre a fait +52,5 % contre +44,8 % pour le DCA propre que je voulais tenir — et ce n'est pas une méthode, c'est de la chance. Le seul poste qui m'a vraiment coûté, ce sont les frais : 0,50 % sur mon PEA, 2,91 % sur un ordre de 34 € ailleurs.
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4 / 12
mois avec versement, la première année
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180 jours
sans un seul versement, sans le décider
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+52,5 %
mon désordre — de la chance, pas une méthode
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+44,8 %
le DCA propre que je voulais tenir
En août 2023, j’avais un plan : un ETF, 100 € par mois, tous les mois, sans réfléchir. Le fameux DCA. Le plan n’a pas tenu deux mois. Tout le monde explique comment faire un DCA ; personne ne montre à quoi ressemble un DCA raté — alors que c’est ce que vit la quasi-totalité des gens qui commencent. Voici le mien, au centime, relevé sur les avis d’opérés.
Le calendrier réel : 4 mois sur 12
Le plan disait douze versements. La réalité en a compté six virements, répartis sur quatre mois seulement, pour 1 003 € au total sur la première année. Entre le 8 septembre 2023 et le 6 mars 2024, il y a 180 jours sans un seul versement — six mois pendant lesquels je ne me suis pas arrêté par stratégie, mais parce que je n’y pensais plus.
| Le plan | La réalité | |
|---|---|---|
| Mois avec versement | 12 | 4 |
| Supports achetés | 1 | 9 |
| Comptes | 1 | 2, ouverts la même semaine |
| Plus longue interruption | 0 jour | 180 jours |
La moyenne — 84 € par mois — donne l’illusion d’un rythme. Il n’y en avait aucun. C’est exactement ce qu’une moyenne sert à cacher, et c’est pour ça que je note désormais chaque versement à la date où il tombe.
Les trois scénarios, calculés sur les vrais cours
La question honnête, c’est : combien ce désordre m’a-t-il coûté ? J’ai donc recalculé la même première année dans trois versions, avec les cours réels.
| Scénario | Performance |
|---|---|
| Ce que j’ai fait vraiment | +52,5 % |
| Le DCA propre que je voulais tenir (12 mensualités égales) | +44,8 % |
| Tout d’un coup, le premier jour | +61,0 % |
Mon bazar a battu mon plan de 7,6 points. Et le scénario qui fait mal n’est pas celui qu’on croit : c’est le troisième. Investir la totalité au départ faisait 8 points de mieux que mon désordre, et 16 de mieux que le plan.
La raison tient en une ligne de mon relevé : le même ETF, acheté le 11 août 2023, affiche +61,1 % ; acheté le 3 mai 2024, +37,2 %. Neuf mois d’écart, vingt-quatre points de différence. Ce n’est pas mon talent qui a changé entre les deux, c’est le temps que chaque euro a passé investi.
Ce que ça ne prouve pas
Deux réserves, et elles comptent plus que les chiffres du dessus.
J’ai eu de la chance. Une grosse part de mon argent est entrée tôt, en août 2023, et le marché est monté ensuite. Sur une période baissière, exactement le même désordre m’aurait coûté cher. Un résultat obtenu sur trois ans de hausse ne démontre aucune méthode — il décrit une période.
Le DCA n’a jamais été une technique de performance. C’est une technique de discipline : il ne sert pas à gagner plus, il sert à ne pas avoir à décider, et donc à ne pas s’arrêter. Moi, je me suis arrêté six mois — la preuve que j’en avais besoin. Si vous retenez une seule phrase de cette page, prenez celle-là et laissez tomber le tableau des scénarios.
Le paramètre que je ne regardais pas : les frais
Pendant un an, je me suis reproché mon irrégularité. Pendant ce temps, il y avait un chiffre que je ne regardais jamais.
Sur mon PEA, la commission est de 0,50 % du montant, proportionnelle et sans minimum. Un ordre de 103 € m’a coûté 52 centimes. Sur l’autre compte — celui qui affichait fièrement « 1 € par ordre » — mes achats de la même période m’ont coûté 1,08 %, soit deux fois plus cher. Et sur mon plus petit ordre, 34 € d’or, ce même euro fixe représentait 2,91 % : six fois le taux de ma banque, la même semaine.
C’est le contre-pied complet de l’intuition : le tarif qui a l’air le moins cher est celui qui ruine les petits ordres, et personne ne le dit parce qu’un euro, ça ne ressemble pas à un frais.
C’est là que mes neuf supports m’ont vraiment coûté quelque chose — pas en performance, en nombre d’ordres : sept ordres à 1 € font 7 €, là où le même montant sur un seul support en aurait coûté 1. Six euros de surcoût, soit 0,92 % du capital, uniquement parce que j’avais éparpillé. Chez un courtier à commission proportionnelle, la même dispersion aurait coûté exactement zéro. Le choix de l’enveloppe et du courtier pèse donc plus que la discipline — c’est le sujet de PEA ou compte-titres pour l’enveloppe, et du comparatif des PEA par taille d’ordre pour le courtier : à 100 € par ordre, l’écart entre le moins cher et le plus cher du tableau va de 0 € à 2 €.
Ce que j’en ai tiré, concrètement
Trois gestes, et aucun ne demande de la volonté :
- Automatiser le versement plutôt que de compter sur soi. Le DCA ne fonctionne que s’il ne repose sur aucune décision mensuelle.
- Réduire le nombre de lignes. Neuf supports pour mille euros, ce n’était pas trop pour une raison de performance : chaque ligne est un ordre, et un ordre a un prix. Le raisonnement complet est dans ce qu’il faut comprendre des ETF avant d’investir.
- Noter chaque versement à sa date, avec les frais payés. C’est la seule façon de savoir, un an plus tard, ce qui relevait de la stratégie et ce qui relevait de l’humeur.
Ce dernier point est devenu un fichier : Le relevé honnête, le tableur que j’utilise pour séparer ce que j’ai versé de ce que le marché en a fait. Il est gratuit, avec son guide — recevoir les deux fichiers.
Et le résultat de tout ça, mis à jour chaque mois, pertes comprises, est dans mon portefeuille réel.