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Mes 3 erreurs de débutant sur un PEA, ligne par ligne

Publié le 30 août 2026 · vérifié le 30 août 2026 · 6 min de lecture

En bref

Mon PEA affiche +3 472,16 € au bout de trois ans. Le résultat est bon et il ne prouve rien : sur cette période, le marché a monté et je n'ai suivi aucune règle. Trois erreurs se lisent dans les lignes — une action individuelle qui coûte 950,45 €, huit lignes ouvertes alors que je versais des centaines d'euros, et un DCA annoncé jamais tenu. La troisième est la plus chère des trois, et c'est la seule qui ne se voit pas dans les chiffres.

  • −950,45 €

    une seule action, l'erreur la plus visible

  • 8 lignes

    dont cinq pèsent 7,9 % à elles toutes

  • +17,68 %

    le résultat — qui ne valide pas la méthode

  • 2/3

    des périodes où le lump sum bat le DCA

J’ai ouvert mon PEA le 10 août 2023, chez BoursoBank. Trois ans plus tard, j’y ai versé 19 629 € et le plan vaut 23 214,41 €, soit +3 472,16 € de plus-value latente — +17,68 % rapportés au prix de revient de mes lignes (19 641,70 €).

Sur le papier, aucune alerte. C’est bien le problème : un bon résultat n’est pas la preuve d’une bonne méthode. Voici les trois erreurs que je referais différemment, chacune lisible dans le relevé.

Le point de départ : mes huit lignes

Ligne Valeur +/− latentes
BNP Paribas Easy S&P 500 15 532,45 € +3 223,87 €
Amundi PEA Nasdaq-100 4 181,60 € +815,97 €
Hermès International 1 563,50 € −950,45 €
Schneider Electric 617,90 € +131,08 €
Air Liquide 504,06 € +21,60 €
Amundi MSCI EMU Climate 292,98 € +38,21 €
Amundi PEA US Tech Screened 241,59 € +115,84 €
Amundi PEA Émergent 179,78 € +76,04 €

Ces huit lignes pèsent 23 113,86 €. Le plan en affiche 23 214,41 € : l’écart de 100,55 € est du liquide qui dort sur le PEA, non investi. Je le signale parce qu’un lecteur qui additionne la colonne ne trouve pas le total annoncé — sur une page qui prétend donner les vrais chiffres, un écart inexpliqué coûte plus cher que l’écart lui-même.

Erreur 1 — acheter des actions individuelles

Hermès, Air Liquide et Schneider Electric. Trois valeurs françaises, trois grandes capitalisations, achetées il y a environ un an — donc jugées sur un an, pas sur trois.

Le compte est simple : −950,45 € sur Hermès, +131,08 € sur Schneider, +21,60 € sur Air Liquide. La ligne Hermès a été payée 2 513,95 €, ce qui en faisait d’emblée une part importante d’un plan qui valait alors bien moins qu’aujourd’hui.

Le problème n’est pas la performance, c’est la contradiction. J’avais ouvert ce PEA pour investir régulièrement sur des supports passifs et diversifiés, dans le but de diluer le risque. En achetant trois actions en direct, j’ai fait exactement l’inverse : j’ai concentré le risque sur trois entreprises. Et je l’ai concentré deux fois, parce que ces trois sociétés sont françaises alors que je vis et travaille en France — mon patrimoine et mes revenus dépendaient déjà du même pays.

S’ajoute ce que le S&P 500 que je détiens déjà contient de toute façon : une partie de cette exposition était redondante, payée une seconde fois en frais et en temps de suivi.

La leçon : une action individuelle demande une thèse, pas une intuition. Si je ne peux pas écrire en trois phrases pourquoi je détiens cette entreprise-là plutôt que l’indice qui la contient, je n’ai pas de thèse.

Erreur 2 — ouvrir trop de lignes, trop tôt

À l’ouverture, j’ai repris une stratégie trouvée dans une vidéo YouTube. La stratégie tenait sans doute debout ; l’erreur est que je ne l’avais pas décidée, je l’avais recopiée — d’un inconnu, sur des arguments que je n’avais pas vérifiés.

Elle demandait une dizaine de supports. J’ai ouvert huit lignes alors que je versais quelques centaines d’euros par mois. Trois conséquences, toutes mesurables :

  • Cinq de ces lignes pèsent 1 836,31 €, soit 7,9 % du plan. Elles ne changent rien au résultat, mais elles existent dans chaque décision.
  • Les frais se multiplient par le nombre d’ordres. Passer huit ordres ou un seul pour un même montant investi n’a rien à voir une fois les frais comptés.
  • La répartition dérive à chaque versement. Sur de petits montants, une poche visée à 8 % passe à 15 ou 20 % en quelques mois. Tenir les pourcentages cibles supposait de rééquilibrer souvent — donc de repayer des frais, ou de laisser filer la stratégie. J’ai laissé filer.

La leçon : commencer simple, c’est ce qui permet de tenir. Une ou deux lignes suffisent pour démarrer ; on complexifie quand les montants le justifient, pas avant.

Erreur 3 — n’avoir suivi aucune règle

C’est la plus chère, et c’est la seule qui ne se voit pas dans le relevé.

Je voulais faire du DCA : un versement, tous les mois. Ce n’est pas ce que j’ai fait. Je me suis retrouvé à investir plusieurs sommes importantes en une fois, à des moments choisis au gré de ma trésorerie et de mon humeur.

Il faut être précis sur ce qui est fautif ici, parce que ce n’est pas ce qu’on entend d’habitude. Le lump sum n’est pas l’erreur : investir en une fois bat le versement étalé dans environ deux tiers des périodes historiques, simplement parce que les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent. Ma faute n’est donc pas d’avoir mal fait mon DCA.

Ma faute est de n’avoir suivi aucune règle. J’ai laissé le mois décider. Sur ces trois ans, le marché a monté et j’y ai gagné — mais j’étais entièrement dépendant de cela. Sur la période inverse, la même absence de règle m’aurait coûté, et je n’aurais eu aucun cadre pour m’empêcher d’arrêter au pire moment.

Le résultat positif ne valide pas la méthode. Sur cette période, c’est de la chance. Et la vraie vertu du DCA n’est pas mathématique : elle est comportementale. C’est une discipline qui évite d’avoir à trancher chaque mois.

Ce que je change

  • Les actions individuelles : je n’en rachète pas sur ce PEA. Air Liquide et Schneider restent en place, sans versement supplémentaire. Sur Hermès, mon intention est de sortir de la ligne ; je ne l’ai pas encore fait, et ne pas vendre est aussi une décision — je la prends en sachant que cette ligne ne correspond pas à ce que ce plan est censé faire chez moi.
  • Les huit lignes : je ne les liquide pas. Ce sont de petits montants qui se comportent bien, et les revendre coûterait des frais pour un gain d’ordre cosmétique. En revanche je ne réinvestis plus dessus : la concentration des versements se fait sur les supports larges.
  • La règle : je reprends un versement mensuel, avec un pourcentage de revenu décidé à l’avance plutôt qu’un montant décidé sur le moment. C’est ce que j’aurais dû faire dès le départ.

Ces trois décisions sont vérifiables : elles apparaîtront, ou non, dans les prochains relevés que je publie sur la chaîne.

Ce que cette page ne dit pas

Ce sont mes lignes et mes montants, pas une recommandation. Rien ici ne constitue un conseil en investissement personnalisé, et rien ne dit que ces supports conviennent à votre situation. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et investir comporte un risque de perte en capital.

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