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capineo.

Combien rapporte un ETF sur 30 ans, à 300 € par mois ?

Publié le 31 juillet 2026 · 3 min de lecture

En bref

300 € par mois pendant 30 ans, c'est 108 000 € versés. Placés sur un ETF S&P 500 dans la simulation, ils deviennent environ 616 000 € — mais la moyenne annuelle ressort sous les 7-8 % qu'on entend partout. Les deux chiffres méritent d'être lus ensemble.

  • 108 000 €

    versés : 300 € par mois pendant 30 ans

  • ≈ 616 000 €

    la valeur finale simulée, frais compris

  • 5,98 %

    la moyenne annuelle réelle — pas les 8 % promis

  • 6 600 €

    de frais cumulés, à 0,15 % de TER

On lit partout que « les ETF rapportent 7 à 8 % par an ». Très bien — mais si on investit 300 € par mois pendant 30 ans, est-ce que ça change une vie ? J’ai fait tourner la simulation sur le cas le plus simple possible, dans Wallet Simulator — le simulateur que je développe : un seul ETF S&P 500 éligible au PEA (celui sur lequel j’investis moi-même, TER de 0,15 % — il est comparé à ses concurrents dans quel ETF PEA choisir), un versement identique chaque mois, et c’est tout.

Le résultat brut

Montant
Versé sur 30 ans (300 € × 360 mois) 108 000 €
Valeur finale simulée ≈ 616 000 €
Plus-value théorique ≈ 508 000 €
Frais de gestion cumulés (TER 0,15 %) ≈ 6 600 €

Autrement dit : dans cette simulation, l’essentiel de la somme finale ne vient pas de l’épargne mais de la performance de l’indice et des intérêts composés — les gains qui produisent eux-mêmes des gains, à condition de laisser tout le monde travailler pendant trente ans.

Les trois honnêtetés qui vont avec ce chiffre

1. C’est une simulation, pas un relevé. L’ETF utilisé n’existe que depuis 2013 : pour remonter 30 ans en arrière, le simulateur prolonge avec l’indice S&P 500 lui-même. Personne n’a réellement pu faire ce placement-là — le chiffre donne un ordre de grandeur, pas une promesse.

2. La « moyenne » est plus basse qu’annoncé. Sur cette période précise, la moyenne annuelle affichée par le simulateur ressort sous les 7-8 % répétés partout (5,98 % dans cette simulation). C’est la leçon la plus importante de l’exercice : un rendement moyen est une moyenne, pas une garantie — il dépend entièrement de la période sur laquelle on le mesure et de la façon dont on le calcule. Quiconque vous « garantit » du 8 % vous vend quelque chose.

3. Les frais paraissent anecdotiques — jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus. 6 600 € de frais face à 508 000 € de gains, c’est peu. Mais le TER utilisé ici est de 0,15 % ; le même exercice avec un ETF à 0,38 % change sérieusement la facture, comme le montre la comparaison des trois portefeuilles sur 25 ans. Les frais sont le seul paramètre de cette simulation qu’on choisit entièrement — autant les choisir bien : c’est le critère n° 2 de comment comparer deux ETF.

Ce que ça veut dire, concrètement

  • Pas besoin d’un portefeuille compliqué pour commencer. Une ligne, bien choisie, suffit à faire ce travail-là.
  • La régularité pèse plus que le montant. Les 300 € mensuels versés sans interruption — y compris pendant les baisses — sont ce qui construit la courbe. Le simulateur n’a jamais « le bon moment » : il a tous les moments.
  • Le long terme n’est pas un slogan, c’est la condition. La courbe simulée traverse des années entières de stagnation et de baisse. Sur trois ans, rien n’est garanti ; c’est la durée qui transforme la volatilité en moyenne.

La question qui reste — et que la simulation ne tranche pas

« Combien ça rapporte » suppose d’avoir répondu à « sur quoi ». Un S&P 500 seul, c’est un pari à 100 % sur les États-Unis — pari que j’assume en connaissance de cause, mais qui se discute : c’est tout le sujet de « 100 % MSCI World ou pas ».

Et pour la version sans simulation, avec mon vrai argent et mes vraies lignes — y compris celle en perte : mon portefeuille réel.

Wallet Simulator

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