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PEA ou compte-titres : pourquoi j'ai fermé mon CTO

Publié le 31 juillet 2026 · 4 min de lecture

En bref

J'ai clôturé mon compte-titres après deux ans et demi : six lignes revendues 937 €, environ 300 € de plus-value — et tout est reparti sur le PEA. La raison tient en deux taux : 30 % d'imposition d'un côté, 17,2 % de l'autre.

  • 17,2 %

    l’imposition des gains du PEA, après 5 ans

  • 30 %

    la flat tax du compte-titres

  • 937 €

    la revente de mes six lignes de CTO

  • +131 %

    l’ETF or en deux ans — revendu quand même

Quand j’ai commencé à investir, j’ai ouvert un compte-titres et un PEA, le même mois, parce qu’un youtubeur que je suivais faisait comme ça. Deux ans et demi plus tard, j’ai revendu l’intégralité du compte-titres pour tout concentrer sur le PEA. Cette page raconte pourquoi — et ce que je répondrais aujourd’hui à la question que tout le monde se pose : lequel ouvrir en premier ?

Ce qu’il y avait dans mon compte-titres

Six lignes, recopiées de bonne foi sur le portefeuille de quelqu’un d’autre : un ETF or, un MSCI World, un Stoxx Europe 600, et trois lignes d’obligations (dette américaine, inflation américaine, inflation européenne). L’idée de ce portefeuille : les actions pour la croissance, l’or et les obligations pour amortir les chocs.

J’y avais investi 613 € au départ. Quand j’ai tout revendu, en novembre 2025, j’en suis sorti à 937 € — environ 300 € de plus-value, et probablement plutôt 200 € une fois les frais de transaction et l’imposition passés. La meilleure ligne, l’ETF or, a fait +131 % en deux ans. Ce n’est donc pas une histoire de mauvaise performance : c’est une histoire de mauvais outil.

Pourquoi j’ai tout revendu

1. Les doublons. Mon MSCI World et mon Stoxx 600 de compte-titres existaient aussi, sous d’autres ETF, sur le PEA. Même indice répliqué, même performance à peu près — mais pas la même fiscalité. Je payais la fiscalité du CTO pour une exposition que le PEA m’offrait déjà.

2. La fiscalité, justement. C’est le cœur du sujet, alors posons les taux exacts :

Compte-titres (CTO) PEA (après 5 ans)
Imposition des gains Flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) 17,2 % de prélèvements sociaux uniquement
Plafond Aucun 150 000 € de versements
Univers d’investissement Monde entier (actions, ETF, obligations…) Actions européennes + ETF éligibles (dont des ETF synthétiques sur indices mondiaux)
Retrait Libre Avant 5 ans : retrait = clôture (sauf exceptions) et flat tax sur les gains

Sur un horizon long, l’écart entre 30 % et 17,2 % sur les plus-values n’est pas un détail : c’est des années de performance. En revendant tôt, ma plus-value imposable était encore petite — la replacer sur le PEA pour la laisser grossir dans l’enveloppe la moins taxée était l’opération la moins douloureuse possible.

3. La simplification. Deux comptes, c’est deux fois plus de lignes à suivre, deux fois plus d’ordres à passer, deux fois plus d’occasions de se disperser. Ma stratégie est un versement régulier sur des ETF larges : elle n’a pas besoin de deux enveloppes.

À quoi sert vraiment un compte-titres, alors ?

À tout ce que le PEA ne peut pas loger. Dans mon cas : l’ETF or, et les obligations. Ces lignes-là n’ont pas d’équivalent en PEA, et c’est le seul vrai regret de l’opération — l’or a continué de monter après ma vente. Le CTO garde aussi son intérêt si le plafond de 150 000 € de versements du PEA est atteint, ou pour acheter des titres du monde entier en direct.

Autrement dit : le CTO n’est pas un mauvais produit. C’est un second produit. Mon erreur n’a pas été de l’ouvrir, mais de l’ouvrir en même temps que le PEA, en copiant une stratégie pensée par quelqu’un d’autre, pour une situation qui n’était pas la mienne.

« Une réelle utilité, le PEA ? »

C’est une question qui revient telle quelle sur les forums, et elle mérite une réponse simple : si vous investissez depuis la France, sur des ETF, avec un horizon de plusieurs années, l’avantage fiscal du PEA est l’un des rares « cadeaux » du système — le même investissement y est imposé presque deux fois moins qu’en CTO. La vraie question n’est pas de savoir si le PEA est utile, mais s’il vous suffit. Pour la plupart des débutants, la réponse est oui.

Reste le troisième larron : l’assurance-vie, qui joue dans une autre catégorie (transmission, fonds euros, retraits souples après 8 ans). La question « PEA, CTO ou assurance-vie » se pose vraiment à trois — c’est un sujet à part entière, que je traiterai quand j’aurai des chiffres à montrer.

Ce que je referais aujourd’hui

Si je repartais de zéro : un PEA — ouvert chez le courtier dont la grille correspond à ma taille d’ordre —, un seul ETF très large pour commencer, des versements réguliers, et le compte-titres plus tard, seulement le jour où j’ai une raison précise de m’en servir. Non pas parce que c’est la stratégie « optimale », mais parce que c’est celle qu’on comprend de bout en bout. La mienne, au départ, ne l’était pas : j’en ai fait le constat en vidéo, relevés à l’appui.

Mon portefeuille actuel, ligne par ligne, montants compris, est publié et mis à jour sur la page du portefeuille réel.

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