Peut-on tout perdre en bourse ? J’ai mesuré le pire
Publié le 14 octobre 2026 · vérifié le 17 octobre 2026 · 6 min de lecture
Pas tout, mais presque tout, sur le papier, pendant des années. Mon plus gros ETF, un S&P 500, acheté en août 2000 : −65,88 % au pire, 10 000 € devenus 3 412 €, et 14 ans et 3 mois pour revoir la mise. Le Nasdaq-100, parti en mars 2000 : −81,66 %, 16 ans et 8 mois. Sur cinq séries, la durée ne suit pas la profondeur : les émergents perdent 57 % et reviennent en 7 ans et demi, le CAC 40 perd 60 % et met 18 ans et 8 mois — parce que sa pire baisse, ce sont deux crises.
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−66 %
pire baisse de mon ETF S&P 500, août 2000 → février 2009
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14 ans
et 3 mois pour revoir 10 000 € placés en août 2000
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18 ans
et 8 mois pour le CAC 40, à profondeur presque égale
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−17 %
le pire que mon ETF a traversé depuis que j’en achète
Moins soixante-six pour cent. C’est la pire baisse de mon plus gros ETF, celui que je détiens sur mon PEA, quand je remonte le plus loin possible : 10 000 € placés le mauvais mois deviennent 3 412 €. Et ce n’est même pas le chiffre le plus dur. Le plus dur, c’est le temps qu’il a fallu pour revenir.
Une baisse a deux dimensions
À la question « peut-on tout perdre en bourse ? », on répond en général avec un seul chiffre : de combien ça peut baisser. Moins trente, moins cinquante, moins quatre-vingts pour cent. Ce chiffre est vrai, mais il ne répond qu’à une partie de la question.
Une baisse a une profondeur — jusqu’où ça descend — et une durée : combien de temps vous restez sous l’eau avant de revoir la somme que vous aviez mise. La durée, c’est ce que vous devez être capable d’attendre sans vendre. Et c’est celle qu’on ne montre presque jamais. J’ai donc mesuré les deux, sur les ETF que je détiens.
Mon ETF S&P 500, acheté au pire moment
Mon plus gros ETF suit le S&P 500, les 500 plus grosses valorisations américaines. J’en achète depuis août 2023 : il n’a jamais traversé une crise comme celle de 2000 ou de 2008. Alors je l’ai fait voyager dans le temps.
Dans le simulateur, je place 10 000 € d’un seul coup en août 2000. L’ETF n’existait pas encore : avant 2013, l’outil se base sur l’indice qu’il copie, converti en euros, et il le signale.
- Pire baisse : −65,88 %, d’août 2000 à février 2009. Huit ans et demi de baisse, au bout desquels les 10 000 € en valent 3 412.
- Retour à la mise : novembre 2014, à deux euros près. Quatorze ans et trois mois après l’achat.
Quatorze ans, c’est plus que la durée qu’on présente partout comme sûre. J’avais compté qu’à dix ans, une période sur neuf finit dans le rouge sur un indice mondial. Ici, on voit à quoi ressemble l’une de ces périodes, de l’intérieur.
Mon deuxième ETF suit le Nasdaq-100 : les 100 plus grosses entreprises cotées au Nasdaq, hors banques, la technologie en tête. Départ en mars 2000, au sommet de la bulle internet : −81,66 %, 10 000 € deviennent 1 834 €, et il faut attendre novembre 2016 pour les revoir — seize ans et huit mois.
La réponse honnête, sur ces deux ETF que j’ai dans mon PEA : on ne perd pas tout, mais presque tout, sur le papier, pendant des années.
La plus profonde n’est pas toujours la plus longue
J’ai fait la même mesure sur cinq séries du simulateur, toutes en euros.
| Série | Pire baisse | Temps pour revenir |
|---|---|---|
| ETF monde | −62 % | 14 ans et 5 mois |
| S&P 500 | −66 % | 14 ans et 3 mois |
| Nasdaq-100 | −82 % | 16 ans et 8 mois |
| Pays émergents | −57 % | 7 ans et demi |
| CAC 40 | −60 % | 18 ans et 8 mois |
Regardez les deux dernières lignes : presque la même profondeur, deux fois et demie la durée.
L’explication tient en une phrase : la pire baisse, ce n’est presque jamais une chute, c’est deux. Le CAC 40 perd 60 % entre 2000 et 2003. Il remonte : en mai 2007, il n’est plus qu’à 8 % de son ancien sommet. Il y est presque — et 2008 le renvoie tout en bas. Les émergents, eux, n’ont qu’une seule crise dans leur pire baisse, qui commence en 2007 et non en 2000.
Ce qui allonge le plus un trou, ce n’est pas seulement sa profondeur. C’est une deuxième crise qui tombe avant la fin de la première.
Ce que mon ETF a vraiment traversé
J’ai refait la simulation à partir de l’ouverture de mon PEA, en août 2023. C’est la baisse de l’ETF, pas celle de mon relevé : j’ai acheté à des prix différents tout du long.
La pire baisse de mon ETF S&P 500 sur cette période : −17 %, entre janvier et avril 2025, revenue au sommet en octobre — neuf mois. À peu près le quart de −66 % : depuis que j’en achète, mon ETF n’a traversé qu’un quart du pire. Pendant cette baisse, je n’ai rien vendu — je n’ai d’ailleurs jamais rien vendu. Je n’ai pas acheté non plus : mon dernier ordre datait du 31 mars, le suivant du 13 mai.
Aujourd’hui, ma ligne S&P 500 vaut 15 654 €. Si l’année 2000 recommençait, −66 %, ce sont 10 313 € qui disparaîtraient de l’écran. Et la dernière fois, il a fallu quatorze ans pour les revoir. Le détail de mes lignes est dans mon portefeuille réel.
Trop noir, ou pas assez ? Quatre limites
Les dividendes n’y sont pas. Avant la création de l’ETF, l’outil trace l’indice, et c’est un indice de prix. Avec les dividendes, on remonte plus vite : ces durées sont des maximums.
La mesure va de fin de mois à fin de mois. Un krach qui commence et se termine dans le même mois n’y apparaît pas : la baisse réellement vécue est plus profonde que celle affichée.
C’est la baisse du marché, pas celle de votre relevé. Si vous versez tous les mois, vous continuez d’acheter pendant la baisse, et la perte en euros sur votre compte n’est pas ce pourcentage.
Vingt-six ans de données ne disent rien de la prochaine crise. Ce calcul ne peut pas produire pire que le pire qu’il contient — et cette limite joue dans les deux sens.
Un dernier détail : ces chiffres sont en euros. Le même S&P 500 compté en dollars a pour pire baisse −52,6 %. Un chiffre américain n’est pas celui qu’un PEA aurait vécu.
Ce que j’en fais
Ma règle ne change pas : sur mon PEA, je ne mets que l’argent dont je n’ai pas besoin à horizon dix ans ou plus. Et si un jour je subis une baisse comme celles de ce tableau, je laisserai simplement l’argent sur le PEA le temps que ça remonte. Ça prendra le temps qu’il faudra.
Refaire la mesure avec vos ETF
Wallet Simulator — le simulateur que je développe — affiche la carte « Pire baisse » sur la sélection de votre choix. Le lien ouvre la simulation de la vidéo : 10 000 € sur l’ETF S&P 500, départ en août 2000. Remplacez-le par vos ETF, vos montants, votre versement mensuel, et lisez la courbe : c’est elle qui donne la durée.
Mesures au simulateur, en euros : indices de prix (dividendes exclus) avant la création des ETF, de fin de mois à fin de mois. Je ne suis pas conseiller financier : je publie mes propres chiffres, et rien ici n’est une recommandation d’investissement.