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capineo.

Combien rapporte un ETF sur 30 ans, à 300 € par mois ?

Publié le 31 juillet 2026 · mis à jour le 21 septembre 2026 · 4 min de lecture

En bref

300 € par mois pendant 30 ans, c’est ≈ 108 000 € versés. Placés sur un ETF S&P 500 dans la simulation, ils deviennent environ 644 000 €, soit un rendement annualisé de 10,25 % sur cette fenêtre précise — au-dessus des 7-8 % qu’on entend partout, et c’est bien le problème : ce chiffre dépend entièrement des trente années choisies. Les deux chiffres méritent d’être lus ensemble.

  • ≈ 108 000 €

    versés : 300 € par mois pendant 30 ans

  • ≈ 644 000 €

    la valeur finale simulée, frais compris

  • 10,25 %

    le rendement annualisé sur cette fenêtre — pas une promesse

  • ≈ 6 300 €

    de frais cumulés, à 0,15 % de TER

On lit partout que « les ETF rapportent 7 à 8 % par an ». Très bien — mais si on investit 300 € par mois pendant 30 ans, est-ce que ça change une vie ? J’ai fait tourner la simulation sur le cas le plus simple possible, dans Wallet Simulator — le simulateur que je développe : un seul ETF S&P 500 éligible au PEA (celui sur lequel j’investis moi-même, TER de 0,15 % — il est comparé à ses concurrents dans quel ETF PEA choisir), un versement identique chaque mois, et c’est tout.

Le résultat brut

Montant
Versé sur 30 ans (300 € par mois) ≈ 108 000 €
Valeur finale simulée ≈ 644 000 €
Plus-value théorique ≈ 536 000 €
Frais de gestion cumulés (TER 0,15 %) ≈ 6 300 €
Rendement annualisé (taux de rendement interne) 10,25 %

Simulation relancée le 21 septembre 2026, fenêtre septembre 1996 → août 2026. Le simulateur compte 359 versements de 300 € (107 700 €) : le premier mois sert de point de départ.

Autrement dit : dans cette simulation, l’essentiel de la somme finale ne vient pas de l’épargne mais de la performance de l’indice et des intérêts composés — les gains qui produisent eux-mêmes des gains, à condition de laisser tout le monde travailler pendant trente ans.

Les trois honnêtetés qui vont avec ce chiffre

1. C’est une simulation, pas un relevé. L’ETF utilisé n’existe que depuis 2013 : pour remonter 30 ans en arrière, le simulateur prolonge avec l’indice S&P 500 lui-même. Personne n’a réellement pu faire ce placement-là — le chiffre donne un ordre de grandeur, pas une promesse.

2. La « moyenne » dépend de la fenêtre — et de la façon de la calculer. Sur ces trente années précises, le rendement annualisé ressort à 10,25 % : au-dessus des 7-8 % répétés partout, parce que la fenêtre contient quinze ans de hausse presque ininterrompue des actions américaines. Décalez le point de départ de quelques années et le chiffre change de plusieurs points. C’est la leçon la plus importante de l’exercice : un rendement moyen est une moyenne, pas une garantie — il dépend entièrement de la période sur laquelle on le mesure. Combien de ces périodes finissent en perte, je l’ai compté sur trente ans de MSCI World : à dix ans, encore une sur neuf. Quiconque vous « garantit » du 8 % vous vend quelque chose ; quiconque vous promet les 10 % de cette simulation aussi.

Correction du 21 septembre 2026 : cette page affichait « 5,98 % de moyenne annuelle ». C’était une erreur de calcul, pas de marché — le chiffre divisait la valeur finale par le total versé comme si les 108 000 € avaient été placés le premier jour. Le rendement d’un versement mensuel se mesure sur les flux (taux de rendement interne) : c’est ce que le simulateur calcule désormais, et c’est le 10,25 % ci-dessus. Je préfère le dire que le laisser passer.

3. Les frais paraissent anecdotiques — jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus. 6 300 € de frais face à 536 000 € de gains, c’est peu. Mais le TER utilisé ici est de 0,15 % ; le même exercice avec un ETF à 0,38 % change sérieusement la facture, comme le montre la comparaison des trois portefeuilles sur 25 ans. Les frais sont le seul paramètre de cette simulation qu’on choisit entièrement — autant les choisir bien : c’est le critère n° 2 de comment comparer deux ETF.

Ce que ça veut dire, concrètement

  • Pas besoin d’un portefeuille compliqué pour commencer. Une ligne, bien choisie, suffit à faire ce travail-là.
  • La régularité pèse plus que le montant. Les 300 € mensuels versés sans interruption — y compris pendant les baisses — sont ce qui construit la courbe. Le simulateur n’a jamais « le bon moment » : il a tous les moments.
  • Le long terme n’est pas un slogan, c’est la condition. La courbe simulée traverse des années entières de stagnation et de baisse. Sur trois ans, rien n’est garanti ; c’est la durée qui transforme la volatilité en moyenne.

La question qui reste — et que la simulation ne tranche pas

« Combien ça rapporte » suppose d’avoir répondu à « sur quoi ». Un S&P 500 seul, c’est un pari à 100 % sur les États-Unis — et, pour un épargnant en euros, un pari sur le dollar : l’ETF n’est pas couvert en change, et en 2025 la baisse du dollar a retiré à elle seule plusieurs points à la performance en euros. Pari que j’assume en connaissance de cause, mais qui se discute : c’est tout le sujet de « 100 % MSCI World ou pas ». Et ce que la simulation ne compte pas non plus : la fiscalité de sortie — 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains d’un PEA de plus de cinq ans, en 2026.

Et pour la version sans simulation, avec mon vrai argent et mes vraies lignes — y compris celle en perte : mon portefeuille réel.

Wallet Simulator

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