Comment comparer deux ETF : les 6 critères qui comptent
Publié le 31 juillet 2026 · mis à jour le 21 octobre 2026 · 6 min de lecture
Six ETF répliquent le S&P 500 sur le PEA, et ils ne rapportent pas la même chose : de fin janvier 2019 à fin janvier 2026, l’Amundi PEA S&P 500 a fait 15,4 % par an, sa version couverte en euros 13,5 % — même indice, mêmes frais, l’écart est le prix de la couverture de change. Comparer deux ETF, c’est six critères — et le premier réflexe est de refuser tout historique qui ne couvre pas la même période.
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≈ 210
ETF éligibles au PEA (relevé JustETF)
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15,4 vs 13,5 %
par an, 2019-2026 : S&P 500 non couvert / couvert en €
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0,30 %
le TER au-delà duquel j’écarte
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100 M€
sous cet encours, je passe
Quand j’ai voulu choisir mes ETF pour le PEA, j’ai recensé ce qui était disponible : environ 210 ETF éligibles (relevé fait sur JustETF). Deux cents dix lignes possibles, des informations éclatées entre les sites, et aucune réponse simple à la question que tout le monde tape : « quel est le meilleur ETF S&P 500 ? ». Voici la méthode que j’utilise vraiment, celle de la vidéo ci-dessus. Si vous cherchez le résultat plutôt que la méthode, les candidats sérieux sont déjà départagés dans quel ETF PEA choisir — mais la méthode reste ce qui vous permettra de refaire le tri quand ma liste aura vieilli.
D’abord, une évidence qui n’en est pas une
Deux ETF qui répliquent le même indice ne sont pas identiques. Sur le PEA, six ETF répliquent le S&P 500 — émetteurs différents, frais différents, tailles de fonds différentes, prix de part différents, et, pour certains, une couverture de change. C’est ce dernier détail qui creuse l’écart le plus net. Sur sept ans, de fin janvier 2019 à fin janvier 2026 :
| Même émetteur, même indice, mêmes frais (0,12 % par an) | Par an | 10 000 € deviennent |
|---|---|---|
| Amundi PEA S&P 500 UCITS ETF Acc (FR0011871128) | 15,4 % | ≈ 27 200 € |
| Amundi PEA S&P 500 UCITS ETF EUR Hedged Acc (FR0011871136) | 13,5 % | ≈ 24 250 € |
Même indice, même période : près de deux points d’écart par an. La paire équivalente chez BNP Paribas Easy (part « EUR C » contre « EUR H », couverte) donne le même résultat sur la même fenêtre, au dixième près : 15,4 % contre 13,5 %.
La cause n’est pas la gestion, c’est l’assurance. La version « EUR Hedged » neutralise les variations du dollar face à l’euro, et cette neutralisation a un coût, qui suit à peu près l’écart entre les taux d’intérêt américains et européens — les taux américains ont été plus hauts sur toute la période. Sur ces sept ans, le dollar a peu bougé (1,1488 dollar pour un euro fin janvier 2019, 1,1919 fin janvier 2026, taux de la BCE) : la version non couverte n’y a perdu qu’environ 0,5 point par an, quand la couverture en a coûté autour de 2. Ce n’est pas une règle : de fin janvier 2025 à fin janvier 2026, le dollar a perdu 12,8 % face à l’euro, et c’est la version couverte qui a gagné (+11,9 % contre +0,2 %). Deux ETF du même indice peuvent donc s’écarter de près de deux points par an pendant sept ans, pour une raison qui n’a rien à voir avec la qualité du fonds. C’est exactement pour ça qu’on compare avant d’acheter — et qu’on sait ce qu’on compare.
Les 6 critères, dans l’ordre où je les regarde
1. L’indice répliqué. Avant de comparer des ETF, on choisit une exposition : S&P 500, MSCI World, Europe, émergents… C’est le choix de stratégie ; tout le reste est de l’exécution.
2. Les frais annuels (TER). C’est la petite ligne qu’on ne lit pas et qui se prélève tous les ans, quoi qu’il arrive. Mon seuil personnel : au-delà de 0,30 % par an, j’écarte — sur une stratégie passive de long terme, des frais élevés rongent mécaniquement la performance. Les fonds chers sont souvent des fonds à gestion active : c’est un autre produit, pas une meilleure version du même.
3. La taille du fonds (encours). En dessous de 100 millions d’euros d’encours, je considère le fonds trop petit : un fonds qui n’attire pas d’argent peut être fermé par son émetteur, et c’est un scénario dont on se passe volontiers. Ce n’est pas une règle officielle, c’est mon garde-fou.
4. Capitalisant ou distribuant. Les notions sont expliquées dans ce qu’il faut comprendre des ETF avant d’investir ; côté méthode, le piège est ailleurs : on ne compare que deux fonds du même type. Un distribuant détache ses dividendes de son cours — le comparer à un capitalisant sur la seule courbe de prix le fait paraître moins bon alors qu’il a versé la différence.
5. La réplication. Physique ou synthétique — même renvoi pour les définitions. La question de méthode : sur le PEA, un indice non européen implique du synthétique, il n’y a pas d’alternative à comparer. Si le risque de contrepartie vous dérange, ce n’est pas l’ETF qu’il faut changer, c’est l’enveloppe.
6. Le prix de la part et la devise. Détail trivial, conséquences concrètes : si une part coûte 99 € et que vous investissez 100 € par mois, votre versement mensuel tient dans une part — ou pas. À budget mensuel donné, un ETF à 22 € la part se pilote plus finement qu’un ETF à 99 €.
Le piège de la comparaison de performance
Une fois la présélection faite, on compare les performances — et c’est là que tout le monde se fait avoir : les ETF n’ont pas le même âge. Comparer la performance « depuis la création » de deux fonds créés à sept ans d’écart ne compare rien du tout. La seule comparaison honnête se fait sur la même période, bornée par le plus jeune des deux fonds — quitte à ce qu’elle soit plus courte qu’on voudrait.
C’est le principe du fichier que je montre dans la vidéo : mêmes dates de début, mêmes dates de fin, et seulement ensuite, la performance totale et annualisée. Un écart durable entre un ETF et son indice (la « tracking error ») est un signal d’alarme : le fonds est mal géré, ou ses frais mangent la différence.
Ce que cette méthode ne fait pas
Elle ne prédit rien. Un tableau de critères sert à comprendre ce qu’on achète et à écarter les mauvais candidats — pas à désigner l’ETF qui performera le mieux l’an prochain, ce que personne ne sait. Et elle ne remplace pas la question d’avant, qui est la vraie décision d’investissement : quelle exposition, pour quelle stratégie, sur quel horizon. J’ai comparé trois répartitions possibles dans la simulation « 100 % MSCI World ou pas », et l’effet du temps long est chiffré dans la simulation à 300 € par mois sur 30 ans.
Et pour voir ce que ça donne appliqué avec mon propre argent : mon portefeuille réel, ligne par ligne.
Performances calculées sur les cours de clôture mensuels des données de Wallet Simulator (fin janvier 2019 → fin janvier 2026, sept ans), taux EUR/USD de fin de mois de la BCE. Correction du 21 octobre 2026 : cette page annonçait un ETF S&P 500 « à 9,7 % » contre 14-15 % pour les autres, chiffre repris de la vidéo. Il ne se retrouve sur aucun ETF S&P 500 du PEA ayant sept ans d’historique — de 11,2 % à 16,7 % par an sur toutes les fenêtres de sept ans qui finissent entre juin 2025 et février 2026. Il est remplacé par un écart vérifiable, fonds et période compris.